
Une vingtaine d’ADNnistes étaient présent pour cette sortie. Nous nous
retrouvons au centre de Tarbes pour garer les voitures et, après une
petite dizaine de minutes de marche, nous gagnons le parc Massey. Nous
avons alors le plaisir de parcourir ce merveilleux jardin aux arbres
gigantesques, dont certains rares d’autres plusieurs fois centenaires.
Leur majesté nous rappelle, avec une certaine philosophie matinale,
combien l’être humain est éphémère face au temps de la nature…
Nous
passons une partie de la matinée à admirer les magnifiques paons, qui ne
se privent pas de montrer toute leur élégance en faisant la roue et en
mettant superbement en valeur leur plumage éclatant. Certains ADNnistes
ont même suspecté une compétition non officielle entre les spécimens.
À 10 heures, comme convenu, nous avons rendez-vous à l’entrée du musée
Massey, qui abrite le célèbre Musée international des Hussards. La
collection, particulièrement impressionnante, rassemble près de 17 000
objets : uniformes de hussards venus de nombreux pays, sabres, armes,
équipements, peintures militaires, mannequins en tenue d’époque et
nombreux documents retraçant près de quatre siècles d’histoire, du XVIe
au XXe siècle. Le parcours suit ainsi l’évolution des hussards de 1545 à
1945.

Notre guide commence par nous expliquer l’origine hongroise de ces
cavaliers. Les hussards sont nés en Hongrie au XVe siècle. À l’origine,
il s’agissait de cavaliers légers chargés de surveiller les frontières
et de lutter contre les invasions ottomanes. Rapides et mobiles, ils
étaient spécialisés dans les missions de reconnaissance, les raids et
les attaques surprises.
Leur
efficacité militaire, mais aussi l’élégance de leurs uniformes,
séduisent rapidement les grandes armées européennes. À partir du XVIIe
siècle, des pays comme la France, l’Autriche, la Prusse ou encore la
Russie créent leurs propres régiments de hussards, célèbres pour leur
audace, leur panache et leurs tenues spectaculaires, à la fois raffinées
et parfaitement adaptées à la guerre d’escarmouche.
Nous passons ensuite de vitrine en vitrine, oubliant presque le côté
militaire pour admirer la beauté de ces costumes chatoyants et colorés.
Les dolmans, vestes ajustées richement ornées de tresses et de boutons,
constituent la pièce principale de l’uniforme du hussard. Les
brandebourgs, quant à eux, sont ces galons tressés et nœuds décoratifs
qui ferment et ornent la veste, entre élégance et fonctionnalité. Les
shakos, enfin, sont de hauts bonnets cylindriques portés comme coiffures
militaires, souvent décorés de plumes, de cocardes ou d’insignes,
destinés autant à impressionner l’ennemi qu’à identifier le soldat.
Dolmans tressés, pelisses bordées de fourrure, brandebourgs élégants et
shakos richement décorés témoignent ainsi d’un véritable art de
l’uniforme. Il n’est guère étonnant que les hussards aient connu un
grand succès auprès des
jeunes femmes,
tant leur allure associait élégance, prestige et bravoure. D’une
certaine manière, le prestige de l’uniforme continue encore aujourd’hui
à nourrir l’imaginaire collectif… et probablement quelques vocations
tardives.
Nous poursuivons la visite par l’exposition du
peintre Calo Carratalá,
qui nous fait changer totalement d’univers, entre rêve et réalité. Ses
tableaux, allant du réalisme à l’abstrait, expriment toujours quelque
chose, que l’on les observe de près ou de loin. Un vrai moment de calme
et d’évasion, presque méditatif pour certains… et de repos stratégique
pour d’autres.

Puis, en quittant le musée, nous faisons halte devant le cloître
installé dans le parc. Nous nous amusons à reconnaître les évocations de
la Bible sculptées au sommet des 48 colonnes : certaines sont évidentes,
d’autres plus abstraites, voire complètement absconses. Les
interprétations ont parfois été aussi nombreuses que les visiteurs. Puis
nous nous dirigeons tranquillement vers le restaurant

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Au restaurant
La Dolce Vita,
la bonne humeur est au rendez-vous, aussi bien dans les assiettes que
dans les conversations. Déjà 14 h 30, nous avons rendez-vous au haras
municipal de Tarbes où une guide nous accueille. Elle nous explique
brièvement le passage des Haras nationaux au haras municipal de Tarbes
suite au désengagement de l’État, et les efforts réalisés par la
municipalité pour préserver ce fabuleux patrimoine.

Nous commençons la visite par une salle où sont exposées calèches,
diligences et cabriolets merveilleusement conservés. Puis nous pénétrons
dans le grand bâtiment qui servait autrefois de manège. L’ancien manège
des Haras de Tarbes possède une charpente remarquable en bois, conçue
pour couvrir un large espace entièrement dégagé. Sa particularité
principale est de franchir une portée de plus de 9 mètres sans aucun
pilier central, afin de permettre le travail des chevaux sans obstacle.
Cette prouesse architecturale en fait un bel exemple de construction
équestre du XIXe siècle, alliant solidité, fonctionnalité et élégance.
Cet espace a été récemment reconverti sur deux niveaux en salle de
réception, tout en continuant à exposer des pièces rares liées au monde
chevalin.

Mais revenons sur l’histoire des chevaux de Tarbes, intimement liée à
celle des Haras nationaux, créés et développés sous Napoléon Ier. Au
début du XIXe siècle, l’Empereur a besoin de chevaux nombreux et
performants pour ses armées. Or, dans la région tarbaise, les chevaux
locaux sont robustes et endurants, mais manquent de vitesse et
d’élégance.
C’est ainsi que débute un vaste travail d’amélioration génétique :
croisements entre chevaux locaux, pur-sang anglais et chevaux arabes. De
ces efforts naît peu à peu une race emblématique, le cheval anglo-arabe,
qui fera la réputation de la région.
Tout au long du XIXe siècle, les Haras de Tarbes connaissent leur
apogée. Le site peut accueillir plusieurs centaines de chevaux
simultanément, avec des effectifs atteignant environ 300 à 400 animaux
selon les périodes. C’est un véritable centre névralgique de l’élevage
équin en France.
Au fil du temps et de la disparition progressive de la cavalerie
militaire au XXe siècle, les Haras se reconvertissent vers l’élevage
sportif et la valorisation du patrimoine. Aujourd’hui encore, on y
compte environ une trentaine de chevaux en activité, principalement liés
au 1er Régiment de Hussards Parachutistes de Tarbes, aux activités de
formation et de démonstration.
La section équestre de la police municipale de Tarbes, quant à elle, est
une petite unité composée de quelques chevaux (environ 2 à 5), utilisée
pour les patrouilles en ville, la surveillance des espaces publics et la
médiation avec les habitants. Une présence montée qui a parfois plus
d’effet dissuasif qu’un gyrophare… mais avec beaucoup plus de charme.
Nous contournons ensuite le bâtiment pour rejoindre des écuries mises à
disposition du régiment, où nous admirons une trentaine de chevaux,
allant de champions de compétition à des animaux plus modestes mais tout
aussi élégants.
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Enfin, sous un soleil timide accompagné d’un
vent frais mais motivé, nous gagnons la carrière(espace de travail en
extérieur, plus libre et plus proche de la réalité, que le manège qui se
travail en intérieur, technique et
régulier ). Une jeune dresseuse nous y montre le travail nécessaire pour
former un cheval : un processus long, exigeant et demandant énormément
de patience. Le dressage d’un cheval s’étale en général sur
2 à 7 ans, au
cours desquels l’animal apprend d’abord à accepter l’homme et le
matériel, puis les bases du travail monté, avant de se perfectionner
selon son usage. Rien ne peut être précipité sans déséquilibrer ce
partenaire sensible.