Journée à Tarbes
   -  Musée Massey & Haras

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Mercredi 6 mai 2026
Une sortie en voitures privées

   

Une vingtaine d’ADNnistes étaient présent pour cette sortie. Nous nous retrouvons au centre de Tarbes pour garer les voitures et, après une petite dizaine de minutes de marche, nous gagnons le parc Massey. Nous avons alors le plaisir de parcourir ce merveilleux jardin aux arbres gigantesques, dont certains rares d’autres plusieurs fois centenaires. Leur majesté nous rappelle, avec une certaine philosophie matinale, combien l’être humain est éphémère face au temps de la nature…

Nous passons une partie de la matinée à admirer les magnifiques paons, qui ne se privent pas de montrer toute leur élégance en faisant la roue et en mettant superbement en valeur leur plumage éclatant. Certains ADNnistes ont même suspecté une compétition non officielle entre les spécimens.

À 10 heures, comme convenu, nous avons rendez-vous à l’entrée du musée Massey, qui abrite le célèbre Musée international des Hussards. La collection, particulièrement impressionnante, rassemble près de 17 000 objets : uniformes de hussards venus de nombreux pays, sabres, armes, équipements, peintures militaires, mannequins en tenue d’époque et nombreux documents retraçant près de quatre siècles d’histoire, du XVIe au XXe siècle. Le parcours suit ainsi l’évolution des hussards de 1545 à 1945.

 

Notre guide commence par nous expliquer l’origine hongroise de ces cavaliers. Les hussards sont nés en Hongrie au XVe siècle. À l’origine, il s’agissait de cavaliers légers chargés de surveiller les frontières et de lutter contre les invasions ottomanes. Rapides et mobiles, ils étaient spécialisés dans les missions de reconnaissance, les raids et les attaques surprises.

Leur efficacité militaire, mais aussi l’élégance de leurs uniformes, séduisent rapidement les grandes armées européennes. À partir du XVIIe siècle, des pays comme la France, l’Autriche, la Prusse ou encore la Russie créent leurs propres régiments de hussards, célèbres pour leur audace, leur panache et leurs tenues spectaculaires, à la fois raffinées et parfaitement adaptées à la guerre d’escarmouche.

Nous passons ensuite de vitrine en vitrine, oubliant presque le côté militaire pour admirer la beauté de ces costumes chatoyants et colorés. Les dolmans, vestes ajustées richement ornées de tresses et de boutons, constituent la pièce principale de l’uniforme du hussard. Les brandebourgs, quant à eux, sont ces galons tressés et nœuds décoratifs qui ferment et ornent la veste, entre élégance et fonctionnalité. Les shakos, enfin, sont de hauts bonnets cylindriques portés comme coiffures militaires, souvent décorés de plumes, de cocardes ou d’insignes, destinés autant à impressionner l’ennemi qu’à identifier le soldat.

Dolmans tressés, pelisses bordées de fourrure, brandebourgs élégants et shakos richement décorés témoignent ainsi d’un véritable art de l’uniforme. Il n’est guère étonnant que les hussards aient connu un grand succès auprès des jeunes femmes, tant leur allure associait élégance, prestige et bravoure. D’une certaine manière, le prestige de l’uniforme continue encore aujourd’hui à nourrir l’imaginaire collectif… et probablement quelques vocations tardives.

Nous poursuivons la visite par l’exposition du peintre Calo Carratalá, qui nous fait changer totalement d’univers, entre rêve et réalité. Ses tableaux, allant du réalisme à l’abstrait, expriment toujours quelque chose, que l’on les observe de près ou de loin. Un vrai moment de calme et d’évasion, presque méditatif pour certains… et de repos stratégique pour d’autres.

Puis, en quittant le musée, nous faisons halte devant le cloître installé dans le parc. Nous nous amusons à reconnaître les évocations de la Bible sculptées au sommet des 48 colonnes : certaines sont évidentes, d’autres plus abstraites, voire complètement absconses. Les interprétations ont parfois été aussi nombreuses que les visiteurs. Puis nous nous dirigeons tranquillement vers le restaurant.

Au restaurant La Dolce Vita, la bonne humeur est au rendez-vous, aussi bien dans les assiettes que dans les conversations. Déjà 14 h 30, nous avons rendez-vous au haras municipal de Tarbes où une guide nous accueille. Elle nous explique brièvement le passage des Haras nationaux au haras municipal de Tarbes suite au désengagement de l’État, et les efforts réalisés par la municipalité pour préserver ce fabuleux patrimoine.

 

Nous commençons la visite par une salle où sont exposées calèches, diligences et cabriolets merveilleusement conservés. Puis nous pénétrons dans le grand bâtiment qui servait autrefois de manège. L’ancien manège des Haras de Tarbes possède une charpente remarquable en bois, conçue pour couvrir un large espace entièrement dégagé. Sa particularité principale est de franchir une portée de plus de 9 mètres sans aucun pilier central, afin de permettre le travail des chevaux sans obstacle. Cette prouesse architecturale en fait un bel exemple de construction équestre du XIXe siècle, alliant solidité, fonctionnalité et élégance. Cet espace a été récemment reconverti sur deux niveaux en salle de réception, tout en continuant à exposer des pièces rares liées au monde chevalin.

Mais revenons sur l’histoire des chevaux de Tarbes, intimement liée à celle des Haras nationaux, créés et développés sous Napoléon Ier. Au début du XIXe siècle, l’Empereur a besoin de chevaux nombreux et performants pour ses armées. Or, dans la région tarbaise, les chevaux locaux sont robustes et endurants, mais manquent de vitesse et d’élégance.

C’est ainsi que débute un vaste travail d’amélioration génétique : croisements entre chevaux locaux, pur-sang anglais et chevaux arabes. De ces efforts naît peu à peu une race emblématique, le cheval anglo-arabe, qui fera la réputation de la région.

Tout au long du XIXe siècle, les Haras de Tarbes connaissent leur apogée. Le site peut accueillir plusieurs centaines de chevaux simultanément, avec des effectifs atteignant environ 300 à 400 animaux selon les périodes. C’est un véritable centre névralgique de l’élevage équin en France.

Au fil du temps et de la disparition progressive de la cavalerie militaire au XXe siècle, les Haras se reconvertissent vers l’élevage sportif et la valorisation du patrimoine. Aujourd’hui encore, on y compte environ une trentaine de chevaux en activité, principalement liés au 1er Régiment de Hussards Parachutistes de Tarbes, aux activités de formation et de démonstration.

La section équestre de la police municipale de Tarbes, quant à elle, est une petite unité composée de quelques chevaux (environ 2 à 5), utilisée pour les patrouilles en ville, la surveillance des espaces publics et la médiation avec les habitants. Une présence montée qui a parfois plus d’effet dissuasif qu’un gyrophare… mais avec beaucoup plus de charme.

Nous contournons ensuite le bâtiment pour rejoindre des écuries mises à disposition du régiment, où nous admirons une trentaine de chevaux, allant de champions de compétition à des animaux plus modestes mais tout aussi élégants.

Enfin, sous un soleil timide accompagné d’un vent frais mais motivé, nous gagnons la carrière(espace de travail en extérieur, plus libre et plus proche de la réalité, que le manège qui se  travail en intérieur, technique et régulier ). Une jeune dresseuse nous y montre le travail nécessaire pour former un cheval : un processus long, exigeant et demandant énormément de patience. Le dressage d’un cheval s’étale en général sur 2 à 7 ans, au cours desquels l’animal apprend d’abord à accepter l’homme et le matériel, puis les bases du travail monté, avant de se perfectionner selon son usage. Rien ne peut être précipité sans déséquilibrer ce partenaire sensible.

Vers 16 h 30, nous quittons le haras pour rejoindre nos pénates, après une journée riche en découvertes, en beauté et en convivialité, avec une météo finalement clémente et surtout une réussite majeure : avoir échappé à la pluie… et gageons que notre prochaine sortie à Eauze sera tout aussi intéressante et instructive

 

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