L’hiver, enfin, desserre son étreinte. Il offre une
parenthèse de soleil, rend aux corps et aux esprits une légèreté
oubliée… et réveille au passage quelques fourmis dans les jambes.
Pour cette randonnée, nous sommes vingt-quatre, un nombre
remarquable, réunis par la même envie de marcher, de respirer et de
retrouver les chemins.
À 14 h, nous nous élançons depuis
l’extrémité du chemin de la Découverte à Sarp, pour le tour du bois
de Sarp puis celui du mont Sarrat. Deux heures et demie de marche
annoncées, 300 mètres de dénivelé, cinq kilomètres et demi de
promesses : sur le papier, tout est parfaitement raisonnable.
Le
groupe avance d’un même élan, joyeux et confiant. Mais très vite, la
nature reprend ses droits… et la troupe se divise. En tête, les «
cabris », ces jeunes soixantenaires infatigables, avalent la pente
avec ardeur, visiblement pressés d’arriver quelque part. Derrière,
les sages progressent à leur rythme, mesurant chaque pas, convaincus
que le paysage ne s’enfuira pas.
Sur la crête, le paysage s’ouvre
soudain comme un livre que l’on n’attendait pas si beau. Entre les
arbres, la plaine apparaît, veillée par la cathédrale de
Saint-Bertrand-de-Comminges et, plus loin, par la silhouette plus
discrète de la basilique. De l’autre côté, la chaîne des Pyrénées se
déploie, du Cagire au Port de Balès, dominant la vallée de la
Barousse, où l’Ourse serpente paisiblement, indifférente à nos
commentaires admiratifs.
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Nous poursuivons encore quelques kilomètres, mais le sentier, humide
et légèrement traître, devient plus glissant que prévu. Les pas se
font prudents, les bâtons gagnent soudain en importance, et la
raison finit par s’imposer pour une partie du groupe. La décision
est prise de raccourcir l’itinéraire et de regagner sagement la
vallée par la route — sans contestation notable.
Les plus
audacieux, eux, reprennent de la hauteur. Ils attaquent une dernière
montée, frôlent le sommet du Sarrat, puis basculent sur l’autre
versant, face au village d’Aveux, dominé par son clocher, témoin
silencieux de nos efforts.

La descente vers Sarp s’effectue par un étroit sentier en courbe de
niveau, idéal pour admirer une dernière fois la plaine de la
Barousse et ses villages éparpillés au fil de la plaine. Puis
viennent les retrouvailles avec les voitures, les sourires un peu
fatigués, les jambes satisfaites, et les promesses échangées. Nous
nous séparons en jurant de recommencer bientôt, au gré de la météo…
et du prochain moment où l’hiver acceptera de relâcher la pression.
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