L’appel du soleil pour la
randonnée a été supplanté par celui de la pelle du jardinier : sous ce
beau ciel, beaucoup ont troqué les sentiers contre leurs plates-bandes.
Nous ne sommes donc que quatre pour cette sortie.
Nous arrivons à Saleich pour débuter notre marche
sur la boucle de Saleich par Urau et Castelbiague. Nous contournons par
le bas la chapelle de Vallatès, magnifique édifice situé sur les
hauteurs de Saleich, puis poursuivons sur des chemins agricoles qui nous
mènent jusqu’au village d’Urau.
Nous passons devant son église romane avant de
continuer, toujours sur des chemins agricoles, avec de superbes vues sur
les collines environnantes. Nous traversons ensuite la commune de
Noustens.
Nous quittons alors les pistes agricoles pour
emprunter un sentier qui longe le ruisseau du Rieuaris et nous conduit
aux ruines d’un ancien moulin. La marche se poursuit en sous-bois. Au
bout d’un moment, la nature nous fait un clin d’œil sous la forme d’un
entrelacement de branches évoquant un primate — une illusion presque
parfaite.

Nous atteignons le village de Gaouats, près de la
fontaine du même nom. Une pause s’impose. Nous en profitons pour
immortaliser un érable aux teintes cuivrées, dont les couleurs animent
le paysage.
Nous reprenons ensuite notre chemin, empruntant une
petite route qui nous mène jusqu’à l’oratoire de Saint-Sigismond.
Discret et plein de charme, il semble veiller paisiblement, abrité sous
les branches protectrices d’un immense chêne séculaire.
Puis nous longeons un cimetière, où se dresse un
fronton solitaire qui aurait dû accueillir des cloches… mais celles-ci,
semble-t-il, ne sont jamais revenues.

Nous arrivons ensuite au pont de pierre des
Murrets, qui nous permet de franchir la rivière Arbas. De l’autre côté,
des tables de pique-nique nous attendent au bord de l’eau. Nous nous
installons à l’ombre pour casser la croûte, bercés par le murmure de la
rivière et la présence paisible des chevaux.
Un pêcheur, venu inaugurer sa saison, engage la
conversation. Je lui montre ces curieuses fleurs qui sortent de terre
sans feuilles ni tiges ; il les connaît, mais le nom lui échappe.(il
s’agit des lathrées clandestines) Il a la gentillesse de nous prendre en
photo, puis nous le laissons à ses truites.

Nous reprenons notre marche en sous-bois, en
tentant d’identifier quelques plantes sauvages : de l’oseille par-ci,
des stellaires et des orchidées sauvages par-là, et bien d’autres
espèces aux couleurs printanières.
Puis arrive le passage le plus éprouvant de la
randonnée : une montée soutenue, heureusement à l’ombre des bois.
Après quelques kilomètres, nous atteignons le point
culminant de notre randonnée. Une petite pause s’impose pour nous
rafraîchir et consulter nos téléphones : kilométrage, dénivelé… Bonne
nouvelle, le plus dur est désormais derrière nous.
Un peu plus loin, nous arrivons au village de Géraus, doté d’un lavoir
qui ravive des souvenirs à Jean-Pierre. Lors du repérage de la
randonnée, une pause ici avait failli lui coûter son téléphone… laissé
sur la pierre du lavoir. Ce n’est qu’une fois arrivés aux voitures qu’il
s’en était aperçu, entraînant un demi-tour immédiat. Heureusement, le
village étant peu fréquenté, nous avions retrouvé l’appareil exactement
à l’endroit où il avait été oublié.
Nous reprenons notre chemin. À la sortie du
village, une maison attire notre regard : un véritable feu d’artifice
floral orne son entrée. Devant tant de beauté, nous décidons de prendre
une photo. Mais cette fois, l’une d’entre nous ne retrouve plus son
téléphone…
Après vérification, il apparaît que nous l’avons
vu pour la dernière fois au point culminant de notre randonnée.
Impossible d’y retourner à pied — trop loin — nous rejoignons donc
rapidement la voiture pour remonter en sens inverse. Arrivés au hameau,
le chien déjà croisé à l’aller nous accueille bruyamment. Nous
poursuivons à pied sur quelques centaines de mètres… et là, miracle : le
téléphone repose tranquillement dans l’herbe, au milieu du chemin. Plus
de peur que de mal !
Nous reprenons enfin la route en direction de
Saint-Bertrand. Mais l’envie de flâner nous gagne, et à Figuerol, nous
décidons de faire un détour pour profiter de la magnifique vue sur la
chaîne des Pyrénées enneigées.
Une terrasse aperçue dans une prairie éveille
notre soif… mais surprise : nous tombons sur un temple hindou, orné de
Bouddhas et de dorures. La terrasse est bien là, mais pas question d’y
boire une bière fraîche !
Nous reprenons donc la route. Un peu plus loin,
la direction de Ganties attire notre attention : certains se souviennent
d’une source aux propriétés particulières. Nos gourdes étant vides, le
détour s’impose. Nous les remplissons et nous nous rafraîchissons — à
l’eau cette fois, et non à la bière.