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# Hélas, trois fois hélas !
Malgré tout le soin apporté à la préparation de
cette randonnée, pensée pour être accessible à tous et nous faire
découvrir de splendides paysages, il n’y a que deux randonneurs au
rendez-vous, auxquels s’ajoutent les deux organisateurs.
De quoi
décourager et refroidir les ardeurs des organisateurs ! On se donne du
mal pour préparer une belle sortie, on espère partager ces moments avec
le plus grand nombre et, finalement, nous voilà en tout petit comité.
Mais qu’à cela ne tienne ! Arrivés à Val Louron, nous décidons de
rallonger un peu le parcours. Nos deux randonneurs étant de bon niveau,
nous pouvons nous permettre quelques variantes.
Nous prenons donc la
direction du col d’Azet en remontant les pistes de ski. Et là, une fois
arrivés au col, la récompense est à la hauteur de nos espérances !
Un spectacle grandiose s’offre à nous. Cette si
belle vue nous accompagnera tout au long de la randonnée. Mais patience,
je vous la décrirai un peu plus tard, car elle mérite bien que l’on s’y
attarde.
Nous poursuivons notre itinéraire sur un sentier en courbe
de niveau qui nous conduit au cœur de cet écrin montagnard.
En
chemin, nous rencontrons un adepte du vol à voile qui transporte son
équipement sur le dos. Très gentiment, il prend le temps de nous
expliquer les rudiments de cette discipline : les courants d’air
ascendants et descendants, l’influence des masses d’air chaud et froid,
ainsi que les règles de priorité à respecter en vol.
Eh oui, même
dans le ciel, il existe une sorte de code de la route ! Mieux vaut en
connaître les règles avant de croiser quelqu’un là-haut !
Après cet
échange sympathique, chacun reprend sa route.
Nous décidons alors de
nous écarter du sentier pour rejoindre un mamelon qui nous offre une vue
panoramique à 360 degrés sur la vallée du Louron d’un côté et la vallée
d’Aure de l’autre côté. Un belvédère naturel, idéal pour prendre le
temps d’observer, de contempler et de savourer pleinement la beauté des
lieux.
Nous commençons notre tour d’horizon par le col de
Peyresourde, que nous avons franchi en voiture dans la matinée. Nous
apercevons ensuite la station de ski de Peyragudes, sur le versant de
Peyresourde, avec son impressionnante piste d’atterrissage, remarquable
par sa pente et sa longueur réduite.
Notre regard se porte ensuite
vers le pic de Hourgade, qui culmine à 2 964 mètres, puis vers le pic de
Bacou, à 2 975 mètres, avant de poursuivre jusqu’au pic d’Ustou, à 3 023
mètres, qui marque la frontière avec l’Espagne.
Nous découvrons
également la station de ski du Pla d’Adet, au-dessus de
Saint-Lary-Soulan, puis l’imposant massif de l’Arbizon, à 2 831 mètres,
qui domine les environs de toute sa majesté. Enfin, le pic du Lion vient
compléter ce tour d’horizon, à 2 102 mètres.
Et voilà notre vue à 360
degrés !
Quel contraste entre les douces ondulations des alpages, qui
invitent à la sérénité, et les reliefs abrupts, presque hostiles, de la
haute montagne minérale ! D’un côté, des pâturages aux courbes douces ;
de l’autre, des sommets rocheux qui semblent défier le ciel.
Mais
toutes les bonnes choses ont une fin. Après ce moment de quiétude, nous
reprenons notre itinéraire en descendant vers la vallée.
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En chemin, nous découvrons un petit bosquet
qui nous offre son ombre bienfaisante. Car, oui, pour un mois d’octobre,
la chaleur est particulièrement intense !
L’endroit est idéal pour
faire une pause casse-croûte. Nous nous installons tranquillement à
l’abri du soleil, heureux de profiter de cette fraîcheur bienvenue avant
de poursuivre notre périple.
Une fois restaurés, nous reprenons notre
descente en direction des granges du Plat de Nabias, superbement
rénovées.
Ces bâtisses ont un charme fou. Posées face à la vallée du
Louron, on se prendrait presque à rêver de s’y installer pour une sieste
éternelle, bercé par le silence de la montagne et face à ce splendide
décor !
Nous poursuivons notre descente et passons devant une petite
cabane qui, au premier abord, ne présente rien de particulier. Pourtant,
notre regard est attiré par une affichette apposée sur la porte.
Et
c’est là que nous allons apprendre quelque chose qui nous donnera, le
soir venu, le sentiment de nous coucher un peu plus instruits !
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Sur cette affichette figure un mot que nous
ne connaissons pas : **lactoduc**.
Un lactoduc ? Voilà un terme qui
mérite quelques explications !
Le lactoduc des Granges de Nabias
permettait d’acheminer le lait par des conduites métalliques jusqu’à la
coopérative d’Adervielle, en seulement quinze minutes, pour une distance
d’environ trois kilomètres.
Créée en 1958, la Coopérative laitière et
fruitière du Louron avait pour vocation de développer la production et
la collecte du lait dans les vallées voisines.
Le système permettait
ainsi de transporter rapidement le lait produit dans les granges de
montagne jusqu’à la coopérative, évitant aux éleveurs de devoir
acheminer eux-mêmes toute leur production par les sentiers de la vallée.
En 1976, ce sont ainsi 571 000 litres de lait qui ont été collectés ! Un
chiffre impressionnant qui témoigne de l’importance de cette activité
dans la vie économique locale.
La coopérative a définitivement fermé
ses portes en 1988.
Voilà comment une simple affichette, sur la porte
d’une cabane apparemment anodine, peut transformer une randonnée en
petite leçon d’histoire !

Nous reprenons doucement la route vers Val
Louron, en veillant à ne pas écraser les délicats colchiques qui
parsèment les prés de leurs touches de couleur.
Ces fleurs d’automne
semblent avoir choisi ce moment pour nous rappeler que la saison avance,
même si la chaleur de cette journée pourrait nous faire croire le
contraire.
Et voilà, la boucle est bouclée !
Au final,
malgré notre déception du départ face au faible nombre de participants,
cette randonnée nous aura offert de splendides points de vue, une
rencontre enrichissante, une découverte historique inattendue et de
beaux moments de partage.
Nous reprenons les voitures et prenons la
direction de la vallée d’Aure. Cette fois-ci, c’est au volant que nous
franchissons le col d’Azet, avant d’entamer la descente vers le village
du même nom.
Nous décidons de faire une halte pour découvrir ce petit
village de montagne, blotti autour de son église romane. Le clocher
domine les habitations et donne au village son caractère si particulier.
Nous prenons le temps de flâner dans ses ruelles et d’apprécier le
charme de ce patrimoine montagnard.
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Nous reprenons ensuite la route en direction de
Saint-Lary-Soulan. Un peu plus loin, nous faisons halte à Estensan, un
autre village accroché aux pentes de la montagne et regroupé autour de
son église.
Et quelle église ! Un bel édifice de style roman,
remarquablement restauré, qui mérite que l’on s’y attarde quelques
instants.
Nous profitons des tables de pique-nique pour nous
installer face aux montagnes et savourer une dernière gourmandise : le
gâteau qu’Odile nous a gentiment préparé. Une délicate attention qui
tombe à point nommé pour terminer cette journée sur une note gourmande
et conviviale.
Après les panoramas grandioses, les rencontres
inattendues et les découvertes patrimoniales, cette pause sucrée vient
apporter une touche de douceur à notre escapade.Et voilà, cette fois,
c’est bel et bien la fin de notre randonnée !
Nous reprenons les
voitures et mettons le cap sur Saint-Bertrand-de-Comminges, avec de
beaux souvenirs plein la tête.
Finalement, malgré le faible nombre de
participants au départ, cette journée nous aura réservé de bien belles
surprises.
**Hélas, trois fois hélas pour les absents… ils ne sauront
jamais tout ce qu’ils ont manqué !**