Rando - Col d'Azet

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Jeudi 15 octobre 2026

# Hélas, trois fois hélas !

Malgré tout le soin apporté à la préparation de cette randonnée, pensée pour être accessible à tous et nous faire découvrir de splendides paysages, il n’y a que deux randonneurs au rendez-vous, auxquels s’ajoutent les deux organisateurs.
De quoi décourager et refroidir les ardeurs des organisateurs ! On se donne du mal pour préparer une belle sortie, on espère partager ces moments avec le plus grand nombre et, finalement, nous voilà en tout petit comité.
Mais qu’à cela ne tienne ! Arrivés à Val Louron, nous décidons de rallonger un peu le parcours. Nos deux randonneurs étant de bon niveau, nous pouvons nous permettre quelques variantes.
Nous prenons donc la direction du col d’Azet en remontant les pistes de ski. Et là, une fois arrivés au col, la récompense est à la hauteur de nos espérances !

Un spectacle grandiose s’offre à nous. Cette si belle vue nous accompagnera tout au long de la randonnée. Mais patience, je vous la décrirai un peu plus tard, car elle mérite bien que l’on s’y attarde.
Nous poursuivons notre itinéraire sur un sentier en courbe de niveau qui nous conduit au cœur de cet écrin montagnard.
En chemin, nous rencontrons un adepte du vol à voile qui transporte son équipement sur le dos. Très gentiment, il prend le temps de nous expliquer les rudiments de cette discipline : les courants d’air ascendants et descendants, l’influence des masses d’air chaud et froid, ainsi que les règles de priorité à respecter en vol.
Eh oui, même dans le ciel, il existe une sorte de code de la route ! Mieux vaut en connaître les règles avant de croiser quelqu’un là-haut !
Après cet échange sympathique, chacun reprend sa route.
Nous décidons alors de nous écarter du sentier pour rejoindre un mamelon qui nous offre une vue panoramique à 360 degrés sur la vallée du Louron d’un côté et la vallée d’Aure de l’autre côté. Un belvédère naturel, idéal pour prendre le temps d’observer, de contempler et de savourer pleinement la beauté des lieux.
Nous commençons notre tour d’horizon par le col de Peyresourde, que nous avons franchi en voiture dans la matinée. Nous apercevons ensuite la station de ski de Peyragudes, sur le versant de Peyresourde, avec son impressionnante piste d’atterrissage, remarquable par sa pente et sa longueur réduite.
Notre regard se porte ensuite vers le pic de Hourgade, qui culmine à 2 964 mètres, puis vers le pic de Bacou, à 2 975 mètres, avant de poursuivre jusqu’au pic d’Ustou, à 3 023 mètres, qui marque la frontière avec l’Espagne.
Nous découvrons également la station de ski du Pla d’Adet, au-dessus de Saint-Lary-Soulan, puis l’imposant massif de l’Arbizon, à 2 831 mètres, qui domine les environs de toute sa majesté. Enfin, le pic du Lion vient compléter ce tour d’horizon, à 2 102 mètres.
Et voilà notre vue à 360 degrés !
Quel contraste entre les douces ondulations des alpages, qui invitent à la sérénité, et les reliefs abrupts, presque hostiles, de la haute montagne minérale ! D’un côté, des pâturages aux courbes douces ; de l’autre, des sommets rocheux qui semblent défier le ciel.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Après ce moment de quiétude, nous reprenons notre itinéraire en descendant vers la vallée.

  


En chemin, nous découvrons un petit bosquet qui nous offre son ombre bienfaisante. Car, oui, pour un mois d’octobre, la chaleur est particulièrement intense !
L’endroit est idéal pour faire une pause casse-croûte. Nous nous installons tranquillement à l’abri du soleil, heureux de profiter de cette fraîcheur bienvenue avant de poursuivre notre périple.
Une fois restaurés, nous reprenons notre descente en direction des granges du Plat de Nabias, superbement rénovées.
Ces bâtisses ont un charme fou. Posées face à la vallée du Louron, on se prendrait presque à rêver de s’y installer pour une sieste éternelle, bercé par le silence de la montagne et face à ce splendide décor !
Nous poursuivons notre descente et passons devant une petite cabane qui, au premier abord, ne présente rien de particulier. Pourtant, notre regard est attiré par une affichette apposée sur la porte.
Et c’est là que nous allons apprendre quelque chose qui nous donnera, le soir venu, le sentiment de nous coucher un peu plus instruits !


Sur cette affichette figure un mot que nous ne connaissons pas : **lactoduc**.
Un lactoduc ? Voilà un terme qui mérite quelques explications !
Le lactoduc des Granges de Nabias permettait d’acheminer le lait par des conduites métalliques jusqu’à la coopérative d’Adervielle, en seulement quinze minutes, pour une distance d’environ trois kilomètres.
Créée en 1958, la Coopérative laitière et fruitière du Louron avait pour vocation de développer la production et la collecte du lait dans les vallées voisines.
Le système permettait ainsi de transporter rapidement le lait produit dans les granges de montagne jusqu’à la coopérative, évitant aux éleveurs de devoir acheminer eux-mêmes toute leur production par les sentiers de la vallée.
En 1976, ce sont ainsi 571 000 litres de lait qui ont été collectés ! Un chiffre impressionnant qui témoigne de l’importance de cette activité dans la vie économique locale.
La coopérative a définitivement fermé ses portes en 1988.
Voilà comment une simple affichette, sur la porte d’une cabane apparemment anodine, peut transformer une randonnée en petite leçon d’histoire !

Nous reprenons doucement la route vers Val Louron, en veillant à ne pas écraser les délicats colchiques qui parsèment les prés de leurs touches de couleur.
Ces fleurs d’automne semblent avoir choisi ce moment pour nous rappeler que la saison avance, même si la chaleur de cette journée pourrait nous faire croire le contraire.

Et voilà, la boucle est bouclée !
Au final, malgré notre déception du départ face au faible nombre de participants, cette randonnée nous aura offert de splendides points de vue, une rencontre enrichissante, une découverte historique inattendue et de beaux moments de partage.
Nous reprenons les voitures et prenons la direction de la vallée d’Aure. Cette fois-ci, c’est au volant que nous franchissons le col d’Azet, avant d’entamer la descente vers le village du même nom.
Nous décidons de faire une halte pour découvrir ce petit village de montagne, blotti autour de son église romane. Le clocher domine les habitations et donne au village son caractère si particulier. Nous prenons le temps de flâner dans ses ruelles et d’apprécier le charme de ce patrimoine montagnard.

 


Nous reprenons ensuite la route en direction de Saint-Lary-Soulan. Un peu plus loin, nous faisons halte à Estensan, un autre village accroché aux pentes de la montagne et regroupé autour de son église.
Et quelle église ! Un bel édifice de style roman, remarquablement restauré, qui mérite que l’on s’y attarde quelques instants.
Nous profitons des tables de pique-nique pour nous installer face aux montagnes et savourer une dernière gourmandise : le gâteau qu’Odile nous a gentiment préparé. Une délicate attention qui tombe à point nommé pour terminer cette journée sur une note gourmande et conviviale.
Après les panoramas grandioses, les rencontres inattendues et les découvertes patrimoniales, cette pause sucrée vient apporter une touche de douceur à notre escapade.Et voilà, cette fois, c’est bel et bien la fin de notre randonnée !
Nous reprenons les voitures et mettons le cap sur Saint-Bertrand-de-Comminges, avec de beaux souvenirs plein la tête.
Finalement, malgré le faible nombre de participants au départ, cette journée nous aura réservé de bien belles surprises.
**Hélas, trois fois hélas pour les absents… ils ne sauront jamais tout ce qu’ils ont manqué !**

 

 

 

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